Classique
Les écoutes des Focus SE et Classic HD ont été faites à trois mois d’intervalles. Certains disques n’ont été écoutés qu’avec l’un des deux modèles d’enceintes.
Focus SE et Classic HD
Pièces pour guitare et violon “Schubert for two”, par Gil Shaham and Göran Söllscher (DG CD 471 568-2). Le violon est restitué avec des nuances jamais entendues auparavant, tant en ce qui concerne les timbres de l’instrument que le jeu de Gil Shaham. La guitare de Göran Söllscher est reproduite avec une véracité confondante, et ne se résume pas seulement à des cordes. L’instrument complet est restitué tel qu’il est, avec les couleurs propres de la table d’harmonie. Les résonances profondes et sensuelles de la caisse de résonance sont clairement perceptibles. Nous n’avions tout simplement jamais entendu une enceinte acoustique capable de reproduire une guitare de concert avec un tel réalisme.
Symphonie N°9 de Ludwig Van Beethoven, Philharmonique de Vienne, direction Carlos Kleiber (DG 447400-2, “Legendary Recordings”). L’orchestre est perçu comme une entité vivante respirant sous la baguette d’un chef d’orchestre magicien qui exulte l’essence de l’œuvre avec une fierté et une fureur musicale perceptibles. Lorsque la dernière note est jouée, nous nous retenons de ne pas nous lever pour applaudir. Grandiose et sans rapport avec tout ce que nous avons entendu jusqu’à présent avec cet enregistrement de 1975. A noter que nous préférons la version CD à la version SACD de cet enregistrement ! La version 16 bits PCM a un peu plus de grain que la version DSD 1 bit mais offre une plus grande variété de couleurs instrumentales et l’auditeur se sent plus proche de l’enregistrement d’origine (avec un excellent lecteur de CD).
Opéra en trois actes “Faramondo” d’Haendel, interprété par le Coro della Radio Svizzera Lugano et I Barocchisti, direction Diego Fasolis (VC 3CD 5099921661129). La pièce est reproduite dans toute sa brillance et sa dynamique sans céder grand chose au plan musical par rapport à nos enceintes habituelles, qui se situent dans une catégorie de prix très supérieure.
Mussorgsky, “Tableaux d’une exposition” (Pictures at an Exhibition), interprété par l’Orchestre Symphonique de Chicago sous la direction de Fritz Reiner (SACD RCA 82876-61394-2 collection “Living Stereo”). L’orchestre et les ensembles de cuivres sont reproduits avec une magnificence hallucinante de réalisme permettant de distinguer clairement chaque instrument au sein de l’orchestre. L’orchestre n’est pas reproduit d’une manière tronquée comme cela est si souvent le cas avec de la musique symphonique. Le grave des peaux de tambours et des grosses caisses atteint des profondeurs abyssales et chaque percussion conserve sa couleur propre.
Atys, de M. de Lully, interprété par Les Arts Florissants, direction William Christie (Harmonia Mundi). Scène 5 (disque 3, plage 5), Menuet, “Dieux du fleuve, Divinité des fontaines“. Reproduction des voix et des instruments d’une richesse exaltante, traduisant fidèlement la magie troublante de cet opéra de Lully. “L’Hymen vient quand on l’appelle, L’Amour vient quand il lui plaît“.
Différences constatées entre les Classic HD et Focus SE : bien évidemment, les deux enceintes ne jouent pas tout à fait dans la même “cour”. Les Focus font preuve d’une ouverture, d’une définition, d’une finesse et d’une légèreté dans le médium qui tranchent radicalement avec la production courante. Les Classic, équipées d’une combinaison plus conventionnelle de haut-parleurs, offrent une reproduction des registres plus “tassée” et donc plus incarnée. Toutefois, leur richesse dans le médium et le bas médium pourra surprendre l’auditeur habitué aux systèmes simplificateurs. Bien qu’une comparaison A/B donne instantanément l’avantage aux Focus, nous avons utilisé chacune des enceintes pendant de longues périodes de temps et nous nous sommes surpris à aimer les Classic HD autant que nous avons aimé les Focus SE car elles nous ont fait aimer la musique que nous écoutions autant que les Focus nous l’ont fait aimer.
Focus SE
CD de test N°10 de la Nouvelle Revue du Son. Les points de repère que nous avions mentalement enregistrés année après année, sont littéralement “pulvérisés” et remplacés par la sensation d’être sur le lieu de l’enregistrement. Une myriade de nuances musicales et de micro-informations acoustiques “déconnectent” littéralement l’intellect pour laisser place à une redécouverte stupéfaite des prises de son.
![]() |
![]() |
![]() |
Jazz
Focus SE et Classic HD
Jazz et Jazz Vocal. Ella Fitzgerald “The Intimate Ella”, Melody Gardot “My one and only thrill”, The Puppini Sisters “Betcha Bottom Dollar”, Norah Jones “Come away with me”, Diana Krall “The girl in the other room”, etc. Restitution digne des systèmes très haut de gamme, avec des arrière-plans différenciés et délicatement agencés, sans tassement des plans. Intelligibilité hors du commun des interprétations.
Cette intelligibilité est particulièrement frappante avec le disque des Puppini Sisters (trio féminin de pop/jazz britannique spécialisé dans la musique vocale a cappella), où l’on distingue sans effort les thèmes repris à la musique jazz ou pop, tels que “Boogie Woogie Bugle Boy” (The Andrews Sisters), “Wuthering Heights” (Kate Bush), “I Will Survive” (Gloria Gaynor), “Heart of Glass” (Blondie), et “Panic” (The Smiths).
Ce disque avait été écouté plusieurs fois sans qu’il suscite notre intérêt au plan musical. Les Legacy ouvrent une dimension supplémentaire et essentielle que nous appellerons la “compréhension musicale”, sans laquelle il ne peut y avoir de réel plaisir à écouter de la musique.
Avec les Focus SE, combinées au Coda 33.0, l’écoute des plages “Armando’s Rhumba” et “Blue Monk” du disque de Chick Corea “RendezVous in New York”, Stretch Records, SCD-9043, 2003 (Grammy Award) nous laisse abasourdis tant les voix, les bruitages, le piano, l’atmosphère de la salle de concert, la présence du public, les rires, l’humour des interprètes (en grande forme) prennent une dimension stupéfiante de réalisme. A vrai dire, la reproduction des applaudissements (signal large bande assimilable à du bruit blanc) nous a souvent laissés sur notre faim avec nos précédents systèmes, quel que soit leur prix, la sensation de “crépitement” ayant toujours été plus ou moins présente. Les applaudissements tels que les restituent les enceintes Legacy nous semblent d’une justesse exemplaire, ce qui en dit long sur le travail de mise au point effectué par le fabricant.
![]() |
![]() |
![]() |
Pop-Folk-Rock
Focus SE
Crosby, Stills, Nash & Young “4 Way Street” (Atlantic 7567-82408-2PW). Nous avions relégué ce disque remastérisé au rang des “disques numériques sans matière sonore”, et le trouvions doté d’une clarté artificielle voulue par l’ingénieur du son pour rajeunir l’enregistrement. Avec les Focus SE, ces défauts disparaissent miraculeusement pour laisser place à une salle de concert à l’atmosphère cristalline, où les musiciens sont en face de nous. Les défauts présumés de l’enregistrement apparaissent soudainement comme de multiples micro-réverbérations captées fidèlement par les microphones. Les propos amusés des musiciens après l’introduction ratée de “Right Between the Eyes” (plage N°7) nous impliquent entièrement dans le concert tant les voix sont restituées avec naturel. L’anglais est nettement plus compréhensible qu’auparavant (*). Nous nous trouvons projetés dans le passé, en 1971. Au début de la plage 7, on entend l’un des musiciens accorder sa guitare avec une précision hallucinante de réalisme.
Autre surprise avec l’album de Neil Young “Live At Massey Hall 1971″ (archives performance series disc 03) où les Focus SE nous placent immédiatement dans l’intimité du concert avec une clarté et une intelligibilité sensationnelles.
(*) Cette intelligibilité accrue des paroles sera confirmée par toutes nos autres écoutes, de la musique d’opéra à la pop music, quelle que soit la langue.
Classic HD
Même impression de reproduction très réaliste des enregistrements précités, quoique d’un cran en dessous des Focus HD. Nous relevons toutefois que cette différence entre les Classic HD et les Focus HD ne constitue aucunement un obstacle au plaisir musical et n’apparaît que lors de comparaisons A/B.
Blue Coast Collection. The E.S.E. Sessions. Various Artists. Reproduction exceptionnelle : instruments, voix, musicalité, la richesse et la transparence de ce CD surprennent. Impossible de “zapper” les morceaux, nous restons assis devant les Classic HD, fascinés, à écouter le CD en intégralité en nous demandant comment des enceintes dans cette catégorie de prix peuvent distiller une telle plénitude sonore sur l’ensemble du spectre audio. Le summum de réalisme est atteint avec le Coda 33.0 qui assure une maîtrise totale de la section grave des Classic HD sans céder un pouce sur le terrain de la transparence. Nous relevons que les Classic HD sont capables de “descendre” vraiment très bas, et pourraient exciter des toniques de la pièce d’écoute dans la région des 30-50 Hz si celle-ci est dépourvue de traitement acoustique. Selon les conditions d’écoute, elles pourraient donc nécessiter un amplificateur de puissance confortable offrant un excellent contrôle du grave, malgré leur rendement relativement élevé.
The Blues Brothers” (Atlantic 7567-82787-2). L’atmosphère surchauffée du concert nous saisit aux tripes. Le naturel avec lequel les divers instruments de rock ainsi que les voix des chanteurs sont reproduits donnent une nouvelle dimension à cet enregistrement. Dans “Theme From Rawhide” (plage N°8) et “Sweet Home Chicago” (plage N°10), le jeu des guitares électriques est restitué avec tant de nuances, de couleurs et de micro-informations qu’on a véritablement le sentiment de “voir” les guitares électriques et de participer physiquement au concert.
Conclusion
Dotées de qualités rares aptes à réconcilier le mélomane et l’audiophile exigeant, les enceintes Legacy Classic HD et Focus SE nous conduisent à une troublante remise en question de ce que nous avions considéré jusqu’à présent comme étant du domaine du possible avec des enceintes commerciales dans cette gamme de prix.
Réserves
Afin que notre propos ne conduise pas le lecteur à des déceptions, il nous semble important de souligner que les résultats rapportés ci-dessus sont également dus à l’utilisation de maillons associés de qualité exceptionnelle :
Source : Lecteur DCS® Puccini®. Ce lecteur à la restitution 100% analogique, rigoureux tout en étant musical, neutre sans être terne, dépourvu de toute coquetterie dans telle ou telle zone du spectre, il s’est avéré être l’outil idéal pour mettre en lumière le potentiel des enceintes Legacy Audio.
Câbles de modulation et câbles HP : des câbles Siltech® or/argent, extrêmement neutres et transparents, pour réduire au maximum le risque de colorations parasites qui auraient pu fausser notre jugement.
Amplification : divers amplificateurs dont toute la gamme Coda Technologies. Le choix de l’amplificateur a naturellement une incidence directe sur le résultat auditif. Ce choix dépendra des goûts de l’auditeur, de la surface de la pièce d’écoute et de ses propriétés acoustiques. Un amplificateur puissant accroît le contrôle des haut-parleurs de grave et réduit les problèmes éventuels de couplage acoustique avec la pièce, si celle-ci n’est pas traitée.







